Projet de franchises médicales : inquiétude de Jean-Pierre Davant

Mis en ligne le 11 juillet 2007  

Le gouvernement confirme sa volonté d’étudier la mise en place de franchises médicales. La Mutualité française désapprouve ce projet, qui laisserait à la charge des malades les premiers euros de dépenses.

Vous présidez la Mutualité française, qui regroupe la quasi-totalité des mutuelles santé. Pourquoi désapprouvez-vous le projet de franchises médicales ?

Jean-Pierre Davant - "La création de ces franchises risque fort de n’être que du ravaudage : on est loin d’une réforme de fond ! Le but de la franchise, nous dit-on, c’est de « responsabiliser » les assurés sociaux par l’argent.
Mais la Sécurité sociale laisse déjà à la charge des malades une partie des frais : c’est le ticket modérateur.
Comme son nom l’indique, il est supposé « modérer » les dépenses.
Mais dans la pratique, vous croyez qu’une personne hospitalisée a le choix de « modérer » ses dépenses à l’hôpital ? Qu’elle se sentira « responsabilisée » en payant une franchise ? On ne réglera rien comme cela !"

Quels sont les risques pour les assurés sociaux ?

Jean-Pierre Davant - "Tous les acteurs de santé le disent : si les franchises sont élevées, on va encore aggraver les inégalités d’accès aux soins.
Si elles sont basses, elles ne rapporteront pratiquement rien à la Sécu. C’est la quadrature du cercle !
Bien sûr, les plus défavorisés seront exonérés de franchises. Mais les classes moyennes auront, une fois de plus, le sentiment d’être lésées : trop riches pour bénéficier des aides, bien assez riches pour payer des cotisations !
Les franchises risquent donc de dresser les assurés sociaux les uns contre les autres, en mettant en danger le principe de la solidarité."

source : afim