Les risques liés à la baignade : l’amibe un germe mortel

Mis en ligne le 24 août 2015  

L’espèce Naegleria fowleri est une amibe détectée dans des plans d’eau douce généralement stagnante et dépassant les 25°C comme les lacs ou les marais.

Elle se nourrit de bactéries et sa concentration dans ces milieux dépend directement de la température de l’eau. L’amibe adore la chaleur elle est donc très présente sous des latitudes tropicales, mais également dans des plans d’eau chauffés naturellement (sources thermales) ou par l’activité humaine. L’amibe contamine de nouveaux territoires grâce à des gouttelettes transportées par le vent, et colonise ainsi des milieux inhabituels comme des égouts ou des piscines mal entretenues.

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N. fowleri a été détectée dans les eaux douces, principalement pendant la saison chaude dans l’ensemble des types de baignade :

-  baignade aménagée en eau libre ;

-  baignade aménagée en eau libre dont l’eau peut être réchauffée par des eaux de refroidissement industrielles ;

-  piscines privées ou publiques ;

-  bains thérapeutiques et bains à remous ;

-  sites naturels de baignade alimentés par des eaux d’origine géo-thermale.

Bien que nécessaire, la température élevée de l’eau n’apparaît pas comme le seul facteur influant sur la prolifération de N. fowleri dans les eaux :


-  des milieux riches en matières organiques comme les marais, les eaux stagnantes ou polluées, les systèmes de refroidissement de centrales de production d’électricité, les eaux de piscines mal traitées peuvent contribuer à la présence de cette amibe ;

-  de faibles populations de prédateurs ou de compétiteurs peuvent également favoriser sa multiplication.

Lorsque des baigneurs s’aventurent dans une eau contenant l’amibe sous sa forme végétative, ils courent le risque que cette dernière s’installe dans leurs muqueuses nasales, faisant apparaître les premiers symptômes de la Méningo-encéphalite amibienne primitive (ou MEAP) après quelques jours d’incubation.
Parmi les différentes espèces d’amibes connues, Naegleria fowleri est particulièrement redoutée car elle remonte le long du nerf olfactif jusqu’au cerveau et endommage irréversiblement les cellules. La personne atteinte présente très vite des signes qui paraissent anodins au début comme perte de l’odorat ou du goût. Mais très vite surviennent des hallucinations, des convulsions et un état comateux conduisant à la mort dans la presque totalité des cas car tout se passe en quelques jours (généralement en 5 à 10 jours), de sorte que le diagnostic et le traitement arrivent trop tard. Seulement quelques personnes ont pu être sauvées grâce à l’administration d’amphotéricine B, un antibiotique efficace contre N fowleri lorsqu’il est administré à temps.

Si ce germe est connu depuis de nombreuses années, les premiers cas de méningo-encéphalite amibienne primitive aiguë (MEAP) chez des humains datent de 1965. On dénombre 310 cas dans le monde dont 34 aux Etats-Unis au cours des 10 dernières années et 1 seul cas en France, en Guadeloupe. Certains foyers épidémiques très limités mais inquiétants ont été rapportés comme au Pakistan en 2012, où Naegleria fowleri avait fait une dizaine de victimes à Karachi en quelques mois.

Les risques en France

En France, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement, travail) a émis des recommandations en 2013 concernant cette maladie et sa prévention.

Quel que soit le type de baignade, des actions de prévention peuvent être mises en place sur l’ensemble des sites où des activités aquatiques sont pratiquées :


-  aménager les abords de la baignade afin de limiter l’introduction de sédiments et/ou de pouvoir faire respecter les règles élémentaires d’hygiène (installation de pédiluve, de douches, etc.) ;

-  procéder à un entretien régulier de la zone de baignade en particulier dans le cas de bassin, effectuer un nettoyage en l’absence de baigneurs et évacuer tous les sédiments ;

-  lors de la baignade :

  • ne pas plonger ou sauter dans les sources d’eau chaude non traitées (eau de surface, eau souterraine, eau minérale naturelle) ;
  • éviter de mettre la tête sous l’eau / garder la tête hors de l’eau ;
  • utiliser dans la mesure du possible un pince nez ;
  • éviter de creuser, ou de remuer les sédiments en pratiquant les activités liées à l’eau.

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Le respect des conditions de mise en œuvre des traitements de désinfection actuellement autorisés en France pour l’eau alimentant les piscines publiques est suffisant pour empêcher le risque de contamination de l’eau par cette amibe.

Pour connaître en temps réel la qualité des eaux de votre lieu de vacances : baignades.sante.gouv.fr/

Les principaux risques sanitaires liés à la baignade :

Une qualité dégradée de l’eau peut conduire à des affections de santé, le plus souvent bénignes, par contact cutané ou compte tenu de la possibilité d’ingérer ou d’inhaler de l’eau.

La pollution microbiologique
La pollution microbiologique des eaux de baignade est essentiellement d’origine fécale. Les eaux usées provenant des habitations, les déjections des animaux et les effluents d’élevages rejetés dans le milieu et qui pollueraient des sites de baignades, peuvent être la cause d’une mauvaise qualité de l’eau.
La pluie peut également provoquer des débordements des ouvrages de collecte et de traitement des eaux usées ou des ruissellements importants sur des surfaces souillées. Les troubles de santé liés à la qualité microbiologique de l’eau sont généralement bénins (ex : gastro-entérites, affections de la sphère ORL).

La Leptospirose
Dans le cas de la baignade en eau douce, les mammifères sauvages (principalement les rongeurs), ou domestiques (bétail, chiens, ...) représentent un risque particulier lorsqu’ils sont infectés par une bactérie : la leptospire. Cette bactérie est susceptible de provoquer chez l’homme une maladie appelée Leptospirose mais dont l’évolution est généralement favorable avec un traitement adapté.

Les amibes
En rivière, en aval de rejets d’eaux chaudes d’installations industrielles, la température élevée de l’eau favorise le développement d’amibes dont certaines peuvent être à l’origine de pathologies affectant le cerveau. Il s’agit toutefois de cas très rares et, à ce jour, un seul cas a été recensé en France.

La dermatite des nageurs ou la « puce des canards »
Dans les plans d’eau, on retrouve parfois des parasites portés par les oiseaux d’eau (notamment les canards) et qui se développent lorsque la température de l’eau est assez élevée (à partir de 25°C). Ces micro organismes provoquent des dermatites pouvant provoquer des démangeaisons importantes mais qui sont généralement bénignes.

Les algues microscopiques
Dans les eaux de mer comme dans les eaux douces, les conditions d’ensoleillement et de température, mais aussi la composition de l’eau, peuvent favoriser la prolifération d’algues microscopiques (phytoplancton ou algues planctoniques) qui sont responsables de phénomènes "d’eaux colorées", vertes, rouges ou brunes. Parmi ces algues, certaines génèrent des toxines qui peuvent provoquer à certaines concentrations des troubles de santé, dont la gravité varie selon les espèces d’algues présentes.

Recommandations à la plage :

-  Un sable qui n’est pas très propre peut être à l’origine d’affections dermatologiques. Utilisez une serviette pour vous allonger sur le sable si nécessaire et profitez des douches mises à votre disposition.

-  La plage est un espace public, gardez la propre en utilisant les poubelles pour les déchets et les installations sanitaires mises à votre disposition. N’emmenez pas d’animaux domestiques sur la plage, les plages sont souvent interdites aux animaux pendant la saison balnéaire.