La revue « Prescrire » liste 68 médicaments à éviter

Mis en ligne le 5 février 2014  

Dans l’intérêt des patients, la revue « Prescrire » préconise d’éviter 68 médicaments dont les effets indésirables sont dangereux au regard de leur faible efficacité. Parmi eux, figure le Protelos® indiqué dans le traitement de l’ostéoporose et dont la suspension vient d’être recommandée au niveau européen.


« Un sursaut qui se fait toujours at­ten­dre » : la revue Prescrire de février considère l’année 2013 comme « une année de plus sans progrès important apporté par de nouveaux médicaments ».

Sans surprise, pour la sixième année consécutive, ce magazine indépendant n’a donc pas décerné de « Pilule d’or » récompensant un progrès thérapeutique décisif.
Prescrire dresse également le bilan sans concession des « 68 médicaments plus dangereux qu’utiles commercialisés en France », indique une analyse menée entre 2010 et 2013.

Ces produits « à écarter des soins » présentent « une balance bénéfices-risques défavorable dans toutes les situations cliniques pour lesquelles ils sont autorisés », fustige cette revue. Et ils concernent tous les domaines de la médecine, notamment la cancérologie, la cardiologie, la dermatologie, la diabétologie, la gastro-entérologie, la gynécologie, la pneumologie, la psychiatrie, la neurologie ou en­core la rhumatologie.

« Des risques parfois mortels »
Ainsi, le Protelos®, prescrit contre l’ostéoporose, figure dans cette liste en raison d’effets indésirables « disproportionnés » comme des troubles cardio-vasculaires graves (thromboses veineuses, embolies pulmonaires), des infarctus du myocarde ou des syndromes d’hypersensibilité.

Cette position conforte le récent avis de l’Agence européenne du médicament qui a recommandé le 10 janvier la suspension du Protelos®, rappelle-t-on.

Autres exemples : la quinine (Hexaquine®, Okimus®, etc), utilisée contre les crampes, dont l’efficacité est « faible » alors que ses effets indésirables sont « parfois mortels ». Dans un tout autre registre, le traitement de la maladie d’Alzhe­imer laisse aussi à désirer avec plusieurs médicaments mis en cause pour des problèmes cardiaques, des syncopes ou des troubles neuropsychiques tels que des hallucinations.


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© Mutualité Française / Paula Ferreira