Faut-il freiner ou encourager l’automédication ?

Mis en ligne le 2 avril 2007  

Pour les intervenants au colloque organisé par la Mutualité Française le 21 mars dernier, l’automédication doit passer par l’éducation des patients, le contrôle de la qualité et l’encadrement des prix.

Des intervenants de tous horizons

Pour lancer le débat sur cette pratique, Jean-Pierre Davant, Président de la Mutualité Française, a réuni et ainsi permis de confronter le point de vue de nombreux acteurs qui interviennent dans ce domaine ; en particulier : l’Union des Syndicats des Pharmaciens d’Officine, la CSMF, l’Association Française de l’Industrie Pharmaceutique pour une Automédication Responsable, les Entreprises du Médicament, MG France, l’Ordre National des Pharmaciens, le Collectif Inter associatif Sur la Santé.

Le paradoxe français

« La France est un pays paradoxal au regard de sa culture du médicament. Elle se distingue par un faible taux d’automédication tout en étant le plus gros consommateur de médicaments en Europe, où ces produits sont vendus dans un circuit fermé, où on constate une iatrogénie importante et un taux d’interaction médicamenteuse assez fort », a rappellé Jean-Pierre Davant, Président de la Mutualité Française, pour lancer le débat.

Une enquête exclusive

Près des deux tiers des Français (62 %) ont souvent recours à l’automédiaction, selon un sondage exclusif CSA/Cecop réalisé à la demande de la Mutualité Française. La moitié d’entre eux considère qu’il s’agit d’une "façon de faire normale" et 20 % pensent même que l’automédication relève d’un "comportement citoyen". A l’inverse, 37% des Français répondent "rarement" ou "jamais". Parmi les réticents, seuls 15% estiment que l’automédication est "une mauvaise façon de faire" et 15% qu’elle constitue "un comportement irresponsable".

Un débat très riche

Plusieurs points ont été abordés par les intervenants : définir l’automédication, garantir la qualité de l’automédication, qualifier les produits destinés à l’automédication,améliorer la lisibilité des notices, éduquer le consommateur à une gestion autonome de sa santé, définir le rôle du pharmacien,garantir des prix encadrés.

Si l’automédication se développe, il faut que ce soit un progrès

Après un échange d’un peu plus de 2 h 30, Jean-Pierre Davant a conclut : « On ne peut penser à l’automédication sans une modernisation de l’offre de soins. Elle doit même être un élément de cette modernisation. Nous devons la replacer dans un cadre plus général aux cotés des dépistages, de la prévention ou de la lutte contre les addictions ».

source :FNMF
Pour en savoir plus sur ce sujet et sur les résultats de l’enquête, consultez le site de la Fédération Nationale de la Mutualité Française .